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Chaines racleuses : Les espagnols ne déposent pas les… « Chaines»!

Les crevettiers espagnols interdits de pêcher aux chaines racleuses continuent leur sourde campagne pour faire revenir les autorités mauritaniennes sur les mesures interdisant l’usage des chaines racleuses. Ils font pression sur la DG-Mare pour épouser leur «cause».

 

Concomitamment des consultations engagées par notre gouvernement avec l’Ue pour le renouvellement de l’accord de partenariat de pêche, les armateurs espagnols n’entendent pas déposer leurs armes dans le conflit désormais ouvert avec les autorités mauritaniennes pour les faire revenir sur la prohibition des chaînes racleuses. C’est ainsi que des représentants de la Confédération Espagnole de Pêche, Cepesca, ont tenu récemment, une rencontre avec le nouveau Directeur des Affaires Internationales et des Marchés de la Direction générale des Pêche de l'UE, Stefaan Depypere et le Chef de l’Unité des Accords Bilatéraux et le Contrôle de la Pêche, Constantin Alexandrou, pour réitérer leur menace, "d'abandon des eaux de la Mauritanie, à partir du 1 juillet prochain» en protestation contre la mesure d’interdiction des chaines opposée les autorités mauritaniennes. Les représentants de la Cepesca, ont plaidé pour le maintien du statu quo « jusqu'à la fin de l'actuel protocole, en août 2012, ou, au moins, jusqu'à ce que la proche Commission Mixte puisse évaluer les rapports ». 24 navires de pêche aux crustacés présents dans les eaux mauritaniennes dans le cadre de l’Accord de Partenariat de Pêche sont concernés par cette mesure notifiée au gouvernement espagnol par les autorités mauritaniennes comme une mesure technique de protection de la ressource visant à atténuer l’effort de pêche sur cette espèce surexploitée notamment par les navires de pêche espagnols et qui largement impactées par les techniques de raclage qu’ils utilisent. Les pertes de l’observation de cette mesure sont estimées par la Cepesca à plus de 20% (crevette) et 40 % (langouste) alors que le gel des activités des 24 navires de pêche espagnols pourrait affecter (selon la Cepesca toujours) 384 membres d'équipages à bord et 1.920 emplois indirects à Huelva et en Galice. Le président de l’Association insiste sur le fait que le Conseil scientifique conjoint n’a pas encore tranché sur les questions de l’impact du chalutage et sur l’usage des chaines racleuses. Ce comité ne s’est plus réuni depuis 2008. .Il est cependant admis à l’évidence que le chalut à crevette a un impact écologique en rapport aux importantes quantités de prises accessoires et des rejets de poisson alors que parallèlement il détruit les écosystèmes et les habitats marins sensibles. Le CSC dont se prévaut aujourd’hui le président de l’Association espagnole, avait estimé, dans ses conclusions que «la chaîne racleuse ne pourra être formellement autorisée que si des mesures de gestion visant à diminuer l’impact global du chalut sont parallèlement introduites et appliquées aux bateaux de toutes les flottes concernées par la pêcherie crevettière dans la ZEE mauritanienne».Fin de citation. Le même compte-rendu du CSC précise aussi que «la décision de mettre en oeuvre l'Approche Ecosystémique des Pêches, décision à laquelle la Mauritanie et l'UE ont souscrit, impose de rechercher en permanence une "minimisation de l'impact écologique des pratiques de pêche ». Un esprit réitéré récemment par la résolution du Parlement Européen appelant à plus de prudence dans le renouvellement de l’APP avec la Mauritanie notamment en ce qui concerne les ressources surexploitées (poulpes, crevettes…)…

Ce conflit intervient enfin alors qu’une convention d’établissement avec une société chinoise qualifiée de fatidique pour le secteur des pêches suscite déjà beaucoup de vagues en Mauritanie. Le protocole avec la société chinoise, non présenté devant le Parlement, évoque un accès aux ressources de fonds, une éventualité dont on ne trouve aucune trace dans le texte de la convention, ses rédacteurs s'étant contentés de préciser (article 23) qu'un protocole annexé avait la même force juridique. Cette incohérence dans la politiaque des pêches a été vivement critiquée par la société civile et les professionnels du secteur des pêches en Mauritanie.

 

Jedna DEIDA (REJOPRAO)

Convention 'établissement avec Poly Hondone Pelagic FisheryCopie de la Convention d'établissement entre l'Etat et la société chinoise Poly-Hondone Pelagic Fishery.pdf

 

Copie protocole avec Poly Hondone Pelagic Fishery:Protocole_Accord_Investissement.PDF




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