REJOPRAO-Mauritanie!

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APP Ue-Mauritanie: Où caser les céphalopodiers espagnols ?

Nouvel exode vers d’autres rivages moins exploités ou tout simplement aller à la casse, c’est désormais la question existentielle pour les céphalopodiers espagnols, au lendemain d’un changement de gouvernement dans leur pays.


L’Association des armateurs céphalopodiers espagnols est désemparée. Elle tente par tous les moyens de convaincre les négociateurs mauritaniens et européens de « réelles possibilités » de pêche aux céphalopodes à l’orée du renouvellement de l’accord de partenariat de pêche dont le 5ème round est normalement prévu en décembre prochain. La réalité est toute autre pourtant.

Le Poulpe, la poule aux œufs d’or!

Dans la réalité, et depuis la résolution du Parlement Européen de circonscrire l’accès des navires du vieux continent aux ressources halieutiques sous-exploitées ou pas du tout ciblées par les pays hôtes, l’Association des armateurs céphalopodiers ne sait plus où jeter l’encre. Au moins 77 navires congélateurs ne savent plus s’ils seront tolérés dans le futur accord de partenariat de pêche Ue-Mauritanie, alors que les données disponibles sur la ressource céphalopodières attestent que les stocks de celle-ci, pêchés par l’armement national, l’armement chinois et européens, en raison de sa haute valeur commerciale, est largement surexploitée. Les plans d’aménagement des pêcheries n’y ont d’ailleurs rien fait dans la mesure ou depuis 1996 l’effort de pêche n’a pas été à la mesure de pratique précautionneuse de pêche, en dépit des nombreux arrêts biologiques observés pour en atténuer la surexploitation. Les prétentions attribuées donc au président de la dite association, José Raymond Fontán, sur d’éventuelles possibilités sont en contradiction avec la réalité des fonds. D’ailleurs cette thèse développée par l’Association espagnole se fondant sur des conclusions « scientifiques » de chercheurs espagnols avait été attaquée et écartée par les services attitrés de l’Union Européenne sur le sujet. Pour ce responsable qui tente de se dérober à l’amère réalité des stocks ce serait même « la Mauritanie qui ne souhaite pas » que les céphalopodiers espagnols quittent ses eaux. De qui tient-il une telle assertion? De faux espoirs miroités?

Sauver un avenir commun

Les recommandations du Parlement Européen, faut-il le rappeler encore, se veulent en conformité avec la Convention des Nations-Unies sur le Droit de la Mer. Ce n’est donc que normal aujourd’hui que l’Association des armateurs céphalopdiers espagnols ravivent encore la question au moment où un changement de gouvernement dans leur pays est intervenu à la faveur du succès du Parti Populaire de Mariano Rajoy, qui hérite d’une crise profonde dans son pays.Cet armement espagnol présent en Mauritanie avait déjà été délocalisé à la suite d’un premier différend avec le Maroc voisin qui, dans un élan de conservation, avait interdit, il y a douze ans, l’activité de tels navires, pour l’essentiel galiciens, sur ses côtes. Si l’on ne peut que regretter la crise qui frappe toute l’Epagne aujourd’hui de plein fouet, il va sans dire que le salut du secteur des pêches ne peut provenir que d’une plus grande attention aux ressources qui servent de raison d’être à la pérennité de son armement. Et dans ce cas, la préservation « douloureuse » de la ressource halieutique mauritanienne pourrait contribuer, à l’avenir, comme une bouée de sauvetage contre le marasme de ce secteur en Esagne. Rappelons enfin que l’APP, liant la Mauritanie et l’Ue expire en juillet 2012 et que c’est le plus important en termes d’accès à la ressource (200 navires européens) et de contrepartie financière (75 millions d’euros) conclu avec un pays tiers par le vieux Continent. En attendant, l’Ue devrait trouver une autre reconversion aux navires galiciens!
Jedna DEIDA (REJOPRAO ET LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT)



24/11/2011
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