REJOPRAO-Mauritanie!

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Renouvellent de l’accord de pêche RIM-UE: Le Parlement Européen conditionne le futur accord !

Qualifiée d’historique, la résolution du Parlement Européen relative à l’accord de partenariat de pêche (APP) avec notre pays, pose de nouvelles conditions en cohérence avec les directives de sa PCP.  La résolution, votée jeudi dernier, reconnaît, sans complexe, les aléas de l’ancien accord et fixe dorénavant des priorités pour le futur accord.

 

Développement du secteur des pêches en Mauritanie, par le biais de l’infrastructure, et restriction de l’accès des navires européens aux seules ressources «excédentaires» ou celles qui ne sont pas ciblées par les pêcheurs mauritaniens, le Parlement Européen ne pouvait frapper plus fort jeudi, en adoptant une résolution mandatant la Commission pour renégocier le renouvellement de l’accord de partenariat de pêche RIM-UE. Sur les 16 pays ayant des accords de partenariat de pêche avec l’Union Européenne, l’APP avec la Mauritanie reste le plus important conclu avec un pays tiers. Son renouvellement est toujours source d’un débat, parfois houleux, entre des intérêts difficilement conciliables. Malgré la mise en place de la Politique Commune des Pêches –PCP), l’UE a toujours été accusée de ne s’en tenir à ses intérêts égoïstes aggravant la surexploitation de stocks de certaines espèces en Afrique, en général, et en Mauritanie en particulier. Certaines organisations n’ont d’ailleurs pas hésité à accuser le vieux Continent d’«enlever» le poisson de pays pauvres et d’avoir exporté, hors de ses eaux, la surexploitation des ressources halieutique. Une attitude dénoncée comme immorale et qui contribuait à la paupérisation des petits pêcheurs. En dépit de l’existence du Parlement et de la Politique Commune des Pêches (1984), la pratique indifférente de la Commission Européenne était favorisée par la déficience du rôle du Parlement Européen, avant l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, et la politique de rente que les anciennes autorités avaient adoptée dans ce secteur. De tels accords ne se souciant le moins du monde de la précarité des ressources étaient donc plusieurs décennies durant possibles. Il faut donc attendre la dernière résolution du Parlement, votée jeudi dernier, pour voir la commission liée par la décision du Parlement. La dernière résolution en la matière laisse, en effet, entrevoir un plus grand sens de responsabilité du Parlement Européen vis-à-vis des exigences d’une gestion rationnelle des ressources halieutiques et de l’intérêt d’un développement du secteur des pêches dans notre pays.

Une résolution  inespérée!

Face au défi énergétique et de production qui se pose pour les navires du vieux continent, pêchant toujours loin de leurs côtes, la résolution du Parlement Européen, ne laisse personne de marbre. Mais le Parlement Européen semble aujourd’hui contraindrela Commission Européenne, acteur des futures négociations avec notre pays, à la recherche d’un juste «équilibre entre les avantages économiques et la préservation des ressources». Le Parlement Européen exige même d’être associé comme observateur aux futures négociations pour le renouvellement de l’accord qui vient à expiration le 21 juillet 2012. Un accord par lequel une flotte européenne (douze nationalités) de plusieurs centaines de navires écumait les ressources halieutiques nationales contre 305 millions d’euros en contrepartie financière sur quatre ans. C’est ici l’endroit de rappeler que la dénonciation de la surexploitation de certaines espèces n’avait jamais eu d’écho dans les précédents accords. La situation a donc continué à empirer depuis le premier accord de 1987 à nos jours avec des stocks de certains poissons à la limite de leur existence. Mais si le Parlement Européen y est plus sensible aujourd’hui, il a, dans ce sens, invité la «Commission à mener un débat avecla Mauritaniesur le développement de plans de gestion de pêche à long terme, qui incluraient une répartition des prises entre leurs flottes nationales et entre des navires de pays tiers dont ceux battant pavillon de l'Union européenne».  Une péréquation qui quoi que difficile n’est pas impossible. Dans ce cadre, les députés européens sont plus regardants aujourd’hui sur «la durabilité » donc plus sensibles à la notion de ressources en partage, et sur le «soutien financier alloué au développement des infrastructures en Mauritanie» en vue d'encourager l'économie locale par «une meilleure coordination des fonds européens». C’est dans cette optique qu’il faut certainement envisager la mise en place d’un fonds spéciale d’affectation pour les actions ciblées notamment en matière de mise en place d’infrastructures portuaires dont l’existence pourrait déterminer l’application de l’obligation de débarquements des produits brandie par les responsables mauritaniens. 

Des enjeux partagés

Le changement de perception de l’APP entrela Mauritanieet l’UE et de ses implications a connu, avec la dernière résolution du Parlement Européen, un nouveau regard. Outre donc le respect des équilibres écologiques, il insiste sur une solidarité partenariale qui n’était pas toujours là. L’expérience même de la dilapidation des ressources halieutiques dans les eaux européennes auraient du depuis longtemps convaincre d’une approche plus précautionneuse dans leur gestion. Mais mieux vaut tard que jamais. Il faut aujourd’hui saluer l’attitude du Parlement Européen qui voit dans le «développement durable de la pêche locale» une source de richesse pour les pays pauvres comme le nôtre. Dans cette même dynamique, qui tranche nettement avec l’indifférence coupable des précédents accords, l’insistance du Parlement Européen à soutenir  la recherche, le contrôle et les infrastructures sont d’autres gages d’une véritable révolution dans le partenariat win-win que les deux parties appellent de leurs vœux..

Jedna DEIDA (Le Quotidien de Nouakchott et REJOPRAO)

 

La contrepartie financière du précédent accord

La contrepartie financière était fixée à 86 millions d'euros pour la première année, 76 millions pour la deuxième, 73 millions pour la troisième et 70 millions pour la quatrième. De ces montants,la Mauritaniedevait consacrer à la mise en œuvre de sa politique nationale de pêche 11 millions d'euros la première année, 16 millions la deuxième, 18 millions la troisième et 20 millions la quatrième, dont un million d'euros par an en faveur du parc national du Banc d'Arguin (PNBA).

 À ce montant s’ajoutent les contributions dues par les armateurs prévues au chapitre III de l'annexe 1, perçues directement parla Mauritanieau compte mentionné au chapitre IV de l'annexe 1, et qui sont estimées à 15 millions d’euros par an. De plus, le document de stratégie et le programme indicatif national du 10e FED pourla Mauritaniecomportent, entre autres, des prévisions d'appui budgétaire de 40 millions d'euros sur trois ans à partir de 2009.

Source Commission Pêche UE

 

 

Accords de pêche : Paris et Madrid feraient pression sur Bruxelles

 La Franceet l'Espagne font pression sur Bruxelles pour conserver et développer les accords de pêche controversés qui leur permettent de pêcher dans les eaux d'autres pays, notamment en Afrique, en échange de compensations financières, selon des sources diplomatiques. Paris et Madrid "considèrent comme essentiel le maintien des accords de pêche existants, et la possibilité d'une extension des possibilités de pêche", selon une lettre conjointe dont l'AFP a obtenu copie.

La dimension internationale de la politique européenne de la pêche devrait "préserver l'avenir de la flotte européenne et prendre en compte l'avenir de celle-ci", précise la lettre. Les deux principales puissances européennes de pêche sont aussi les principaux bénéficiaires de ces accords de pêche, par lesquels des pays comme le Maroc oula Mauritanie les autorisent à venir pêcher dans leurs eaux en échange de compensations financières ou d'aide au développement.

L'UE PILLE LES PAYS PAUVRES

C'est une flotte principalement industrielle qui en profite, ce qui fait dire aux ONG de l'environnement que l'UE pille ainsi les ressources des pays pauvres.
Ces accords constituent une garantie "pour la préservation de la durabilité des ressources marines", et ont permis "dans de nombreux cas la base d'un développement économique et social des pays où elles opèrent", affirment au contraire Paris et Madrid dans leur déclaration conjointe.

Les Français et les Espagnols redoutent que la commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki, cède aux pressions des ONG et veuille remettre en cause ces accords à la faveur de la réforme de la politique commune de la pêche, observe un diplomate européen sous couvert d'anonymat. La déclaration a été rédigée en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles convoquée par Mme Damanaki, consacrée à la "dimension externe" de la politique de la pêche.

Source Le Monde



15/05/2011
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