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Pêche : Déclaration de la table ronde des organisations de la société civile mauritanienne ‘Accord de pêche Mauritanie Union européenne : vers plus de durabilité’

Une table ronde des acteurs de la société civile mauritanienne a eu lieu du 14 au 15 octobre autour du projet de protocole d’Accord Mauritanie –UE dans le domaine de la pêche.

.La table ronde était conjointement organisée par la Fédération Nationale de pêches (FNP) et l’ONG PECHECOPS, avec le soutien de CAPE (Coalition pour des Accords de Pêche Equitables).

Elle intervient suite à la signature le 26 juillet 2012 du projet de protocole d’accord de partenariat de pêche (APP) entre la Mauritanie et l’Union Européenne. Nous vous livrons l’intégralité de la déclaration de la société civile, à l’issue de ces deux jours de débats intenses.

JD Le Quotidien de Nouakchott et REJOPRAO

 

 

Nous, représentants des professionnels et de la société civile mauritanienne, appuyons la mise en œuvre rapide du protocole d’accord signé le 26 Juillet 2012 entre les négociateurs mauritaniens et européens. Nous suggérons que les recommandations suivantes soient prises en compte pour la promotion d’une pêche durable et équitable dans la mise en œuvre de ce protocole :

 

Accès aux ressources

  1. Ne pas rouvrir les négociations sur le protocole signé le 26 Juillet 2012 et faire en sorte qu’il soit approuvé tel quel par les instances responsables des deux parties;
  2. Les poulpes doivent être réservés exclusivement aux opérateurs nationaux, en particulier pour la pêche artisanale et côtière;
  3. comme prévu par  le protocole, le débarquement de l’ensemble des produits  de la pêche réalisée dans la ZEE mauritanienne doit être obligatoire , immédiatement pour  les démersaux; pour les autres, l’Etat devrait mettre en place rapidement les infrastructures nécessaires au débarquement des unités qui ne peuvent pas l’être dans  les infrastructures existantes.
  4. La limite du zonage pour la pêche industrielle doit se situer au moins au-delà des 30 mètres de profondeur ;
  5. Il faut appliquer le principe de non discrimination entre tous les armements étrangers

 

Participation des parties prenantes et partenariat

  1. La participation de toutes les parties prenantes doit être assurée avant, pendant, et après les négociations d'accords de pêche pour l'accès des flottes lointaines aux eaux mauritaniennes: des représentants de l'ensemble du secteur de la pêche et de la société civile sont des parties prenantes légitimes;
  2. Un conseil consultatif devrait être constitué, impliquant toutes ces parties prenantes , avec  une représentation sur tout le littoral. Le conseil consultatif national  pour l’aménagement et le développement des pêcheries, créé  par le   code des pêches et son décret d’application, n’ayant jamais fonctionné, cela  laisse un grand vide institutionnel;
  3. Il doit y avoir une totale indépendance de ce comité et une obligation des autorités de consulter et prendre en compte les avis des parties prenantes dans ce cadre;
  4. Il est important pour les parties prenantes de faire le bilan des accords de 1986 à 2012, et d'évaluer les résultats des négociations de tous les accords avec les pays partenaires qui sont impliqués dans la pêche dans nos eaux;
  5. Afin de pouvoir évaluer les résultats des négociations avec l'Union européenne, en particulier la clause de non discrimination, la société civile doit avoir les informations sur le contenu des autres accords et conventions avec des pays étrangers;
  6. L'appui au Banc d'Arguin à travers l'accord, dans le futur, devra être  considéré comme paiement d'un service rendu pour l'écosystème. Il est important de considérer que le Banc d'Arguin est la seule Aire Marine Protégée où vivent des populations côtières. Dès lors, il faut prendre en compte l'avis des populations côtières dans la gestion de cette aire marine protégée. Il est important aussi que l'argent de l'accord destiné au Banc d'Arguin aille avant tout au développement humain et à l'appui des communautés côtières;
  7. La participation des acteurs demande une transparence totale. Les autorités doivent rendre publiques toutes les informations relatives à l'accès aux ressources. L'inclusion de la  pêche dans l'initiative de transparence des industries extractives proposée par la Mauritanie au FMI doit servir à améliorer cette transparence;
  8.  Une première priorité de développement dans le cadre d'un partenariat, c'est la mise en place d'un armement glacier de senneurs pour les petits pélagiques, dans un but de création d'emplois et de fourniture de poissons aux transformateurs pour l'approvisionnement du marché local et extérieur;
  9. La transformation de poisson pour en augmenter la valeur et la création d'emplois est aussi une priorité de partenariat. Dans ce cadre, un appui doit être donné pour la promotion des produits transformés de façon traditionnelle, y compris par la transmission des savoirs traditionnels;
  10. L'appui sectoriel de l'Union européenne doit aller en priorité au financement d'infrastructures, (en particulier l'eau potable et les débarcadères), à la promotion de l'entreprenariat féminin dans la pêche;
  11. La société civile doit plaider auprès des administrations pour développer l'utilisation des énergies renouvelables au niveau des communautés côtières, ce qui peut créer de nombreux emplois pour nos jeunes;
  12. La société civile qui travaille avec les communautés côtières et les professionnels doivent utiliser leur capacité à travailler en réseau avec les parties prenantes des pays de la sous région et européenne pour faire des propositions visant à mettre en place des partenariats mais aussi pour développer une gestion concertée des ressources migratrices, en particulier au niveau de la CSRP.

 




17/10/2012
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