REJOPRAO-Mauritanie!

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L’actualisation de la liste des établissements agréés pour l’UE fait relancer de vieux débats dans le secteur des pêches

Depuis le 25 Février 2001, notre pays est lié, à son proche voisin le Sénégal, par une convention dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture qui s’exécute dans le cadre de protocoles dont le dernier a été signé à Nouakchott le 26 Mars 2008. Par souci de préservation de cette coopération, ce protocole se renouvelle par tacite reconduction et sa dénonciation n’intervient que six mois après la notification de celle-ci par voie diplomatique.

Dans la pratique, le protocole signé en 2008 est encore en vigueur et c’est alors dans le cadre de celui-ci que les départements des pêches des deux pays s’efforcent depuis un certain temps pour tomber définitivement d’accord sur un nombre déterminés de licences et sur des conditions de leur octroi et de mise en œuvre des engagements pris à ce sujet par chacune des parties.

La visite annoncée d’une délégation du Ministère chargé des pêches de la République sœur du Sénégal, met sur table un ensemble de facteurs qui semblent brouiller la lisibilité pour le décideur et limiter sa capacité de prise de décision en ce qui concerne l’accès aux petits pélagiques, particulièrement dans le sous-secteur mauritanien de la pêche artisanale et côtière.

Suite aux discutions qui ont souvent eu lieu avant et après ce genre de rencontres, les concernés par ce dossier évoquent souvent, à ces occasions, plusieurs éléments de divers ordres.

D’abord, toutes les espèces des petits pélagiques sont pleinement exploitées ou surexploitées à l’exception de la sardinelle plate pour laquelle la Mauritanie envisage de développer un mode d’exploitation approprié ainsi que pour les petits thonidés, constituant actuellement, ensembles, des prises accessoires pour d’autres pêcheries côtières et industrielles.

Sur un potentiel permissible annuel global de 1.200.000 de tonnes des petits pélagiques, la pêche industrielle capture annuellement plus d’un million de tonnes laissant le reste à environ 100 navires côtiers mauritaniens, 65 embarcations affrétées et 81 sénégalaises clandestines opérant dans nos eaux ; sachant qu’un seul coup d’une senne peut atteindre 60 tonnes.

L’effort de la pêche artisanale et côtière est mal cerné et le retard dans la mise en place d’un registre national d’immatriculation (support papier) où est consigné le nombre exact du parc, dissuade toute décision visant l’augmentation de la pression exercée sur les petits pélagiques en particulier. Ainsi, le nombre d’immatriculations détenues par les professionnels semblent dépasser celui des embarcations effectivement existantes sur le sol mauritanien.

La confusion qui règne dans ce sous-secteur a permis la multiplication du nombre des embarcations côtières en bois sous le double régime d’affrètement et de ‘’clandestinité’’. Les dernières délégations sénégalaises en Mauritanie avaient en effet recensé 81 embarcations sénégalaises clandestines opérant sous la protection d’opérateurs mauritaniens sans compter, selon la même source, les nombreuses pirogues immatriculées mauritaniennes alors qu’elles sont, en réalité, sénégalaises avec leurs équipages.

D’autre part, les professionnels mauritaniens s’opposent aux 300 licences octroyées habituellement au Sénégal et souhaitent plutôt l’ouverture totale de l’affrètement avec la possibilité de faire travailler des étrangers qualifiés.

Aussi, la Mauritanie mise déjà sur la récupération de 2% de la production de tout navire industriel autorisé à pêcher les petits pélagiques dans ses eaux nationales pour favoriser l’approvisionnement du marché national et la réalisation d’une consommation nationale de 8-10 kg/h/an (CTS-pêche).

Les objectifs de préservation de la ressource et d’intégration du secteur des pêches à l’économie nationale, imposent à nos décideurs, entre autres, la domestication des activités du sous-secteur de la pêche artisanale et côtière afin qu’il contribue davantage aux objectifs spécifiques de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, et de 150.000 emplois pêche dans la période 2011-2015 (CSLP III).

En ce qui concerne la partie sénégalaise, elle aurait souhaité que les mauritaniens continuent de fermer les yeux sur leurs embarcations ‘’clandestines’’ ou immatriculées mauritaniennes sur la base d’une vente fictive, souvent formalisée par une autorité publique mauritanienne. En d’autres termes, elle cherche à maintenir le nombre de 300 licences (sans conditions contraignantes) car le partage d’un nombre réduit de licences entre une clientèle trop hétérogène de tous les points de vue, lui poserait des problèmes internes insolubles.

En somme, une équation à variables multiples est alors posée aux spécialistes de l’algèbre des boules, des théories des grands ensembles, des jeux, de l’amusement et même de l’indifférence.

Enfin, Bienvenue à nos frères et amis du Sénégal et succès aux travaux qui débuteront demain, lundi 03 Décembre 2012.


Dr Sidi El Motar Ahmed Taleb

 



04/12/2012
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