REJOPRAO-Mauritanie!

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Transactions de la Scmp: Les japonais participent à la traçabilité des commissions perçues!

Les nouvelles lois du fisc du Japon, principal marché asiatique d’exportation du poisson mauritanien, se veulent plus exigeantes, depuis le 1er avril, en matière de transparence commerciales avec les pays tiers. De quoi susciter encore des interrogations sur les fameuses commissions perçues à l’extérieur qui ont toujours fait le bonheur de certains opérateurs et de certains responsables de la Smcp.

 

La mise en place de la Société mauritanienne de commercialisation de poissons, en 1984, a très certainement été l’un des acquis économiques les plus marquants dans l’histoire du secteur de la pêche. Mais l’objectif initial a été largement sabordé par des pratiques peu orthodoxes. Paradoxalement d’ailleurs, l’ouverture de son capital en 1995 aux promoteurs privés n’a fait que précipiter son rôle d’intermédiaire pour la confiner à une véritable tirelire dont tiraient profit, à de très rares exceptions, les responsables qui se sont succédé aux commandes.

Pire encore, la Smcp a fini par se résumer à une planque où les requins les plus voraces se retrouvaient le temps d’une «décade » pour s’arroger indument des commissions au prix, parfois, d’un sabotage de la commercialisation. Cette pratique est à l’origine d’un enrichissement fabuleux et ostentatoire d’une poignée de personnes sans autre mérite que celui du népotisme.

 

La fin d’une époque

Tout le monde a encore en mémoire la plus grave crise traversée l’été 2008 par la Smcp à la faveur du scandale qui a suivi l’affaire MARR SPA contre la Smcp. Au centre de cette affaire rocambolesque qui laissera sur les bras de la Smcp la production de plusieurs mois, suivie de celle l’arrêt biologique, d’août et septembre de la même année, une spéculation naive occultant les conditions et capacités d’entreposage locales. Les japonais avaient été doublés sur ce marché allègrement accordé à un intermédiaire européen. Mais ce n’est assurément pas aujourd’hui, en dépit de la crise de confiance qui a entaché les relations entre la Smcp et les acheteurs japonais, la raison de la nouvelle exigence de transparence. Cette dernière émane plus du fisc japonais que des acheteurs eux-mêmes. Elle est déjà mise à l’expérience avec l’augmentation des prix de congélation qui permet aux usiniers et aux producteurs de se rattraper sur l’exigence de déclaration des prix. Une vérité des prix qui a l’avantage d’en faire la publicité et donc la déclaration. Cette nouvelle pratique se développe au moment où l’Etat annonce de bonne source vouloir reprendre la Scmp à son compte.

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Remonter l’origine des transactions

 

Longtemps confrontés aux problèmes de rapatriement des devises, lorsque les opérateurs arguaient de la nécessité d’en garder pour des besoins de commandes souvent fictives, en libéralisation le change, l’Etat a quelque peu contourné prérogative accordée il y a quelques années aux armateurs dont une grande majorité ont dépensé cet argent dans l’acquisition de villas cossues aux Iles Canaries, si ce n’est pour le dilapider dans les casinos. La réalité économique de la libéralisation du change a même servi ces opérateurs qui peuvent désormais vendre leurs devises aux banques primaires de la place à des taux incitatifs. En revanche, la transparence exigée par le fisc de leur pays et l’exemple de la crise de vente de 2008 confortent les acheteurs japonais de nouvelles garanties de respect des termes des contrats de cession des produits. Or, les acheteurs japonais qui ont dépêché des missions en Mauritanie attestent qu’aucun transfert –et notamment pour ce qui est des commissions perçues- ne pourrait plus se faire en dehors de comptes au nom de la Smcp ou de comptes de producteurs qu’elle attesterait. L’approche japonaise qui intervient à l’aube de la reprise en mains de la Smcp constitue une aubaine pour l’Etat qui pourrait attester de la qualité des produits et qui a promis, par le biais du premier Ministre, de faire participer les artisans au capital tout en leur assurant le financement d’un crédit à la production.

Nous y reviendrons

JD (Le Quotidien de Nouakchott et Rejoprao)



03/05/2010
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