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Ressources halieutiques : La pêche continentale pour appuyer celle maritime

Encore peu exploitées, les potentialités de la pêche continentale peuvent permettre de suppléer celle maritime qui fait face à une raréfaction de la ressource.Une situation qui oblige les pêcheurs sénégalais à braver la mer jusqu’en Mauritanie ou en Guinée Bissau.

(Envoyé spécial) - Confronté à d’énormes difficultés, liées notamment à la raréfaction du poisson sous les eaux sénégalaises, qui a poussé nos pêcheurs à s’aventurer en Mauritanie ou en Guinée Bissau, avec toutes les conséquences que cela comporte, la pêche maritime peut s’appuyer sur celle continentale pour approvisionner correctement le pays en poisson. En effet, ce type de pêche, qui demeure une activité importante dans l’économie vivrière du Sénégal, occupe 50 à 70 mille personnes et contribue autour de 15 % de la consommation moyenne nationale. En 2010, révèle un document du ministère dela Pêche, sa production annuelle est estimée à 13,7 tonnes pour une valeur commerciale estimée à près de neuf millions de francs Cfa.

Fort de ce constat, le ministère de l’Economie maritime a décidé de soutenir cette pêche à l’intérieur du pays. C’est dans ce cadre que le ministre en charge dela Pêchea octroyé, hier, aux populations de sa région natale, Tambacounda, des équipements leur permettant d’accéder plus facilement à la ressource sur le fleuve Gambie. ‘Ces populations utilisent encore des techniques archaïques de pêche. Et avec l’aide du président Wade, nous sommes venus leur apporter des équipements neufs pour démocratiser le poisson’, a déclaré Khouraïchi Thiam. Qui a mis à la disposition des pêcheurs de Nétéboulou et de Gouloumbou (32 kmde Tamba) deux pirogues et des gilets de sauvetage. Le ministre veut leur permettre de mieux circuler sur le plan d’eau et d’y pêcher facilement pour l’approvisionnement en poisson de ces populations, très éloignées des principaux quais de débarquement du pays.

Une aide chaleureusement accueillie par la première localité citée. Le responsable du Gie de pêcheurs, Bankoun Diaby, qui a magnifié le geste souligne néanmoins qu’il en faudra plus pour réellement booster l’activité dans la zone. ‘Il nous faut des pirogues plus larges. Avec la pluie qui a fait déborder la marre où nous pêchions, nous nous sommes rabattus sur le fleuve Gambie. Mais ce type d’embarcation offert par le ministre n’est pas très bien approprié sur ce plan d’eau à cause des hippopotames qui peuvent le renverser et s’attaquer aux pêcheurs. Nous voulons donc des embarcations plus grandes et des filets pour pratiquer ce type de pêche plus aisément’, dit-il. Même son de cloche à Gouloumbou. Les jeunes de la localité ont accueilli Khouraïchi Thiam avec des pancartes pour réclamer l’électrification de leur village, la finition du collège, un foyer des jeunes, entre autres, ‘en lieu et place de cette petite pirogue inappropriée’.

Depuis des années, l’Etat a entrepris de promouvoir la pêche et l’aquaculture comme une alternative crédible et durable au problème de déficit alimentaire et un moyen de diminuer la pression de l’effort de pêche sur les stocks disponibles en milieu maritime. Une initiative qu’encouragent certains acteurs de la pêche qui pensent que ce type de pêche peut épauler la pêche maritime. C’est le cas de Alassane Bâ. ‘La mer est fatiguée et la pêche continentale peut palier à celle maritime, si on y met les moyens qu’il faut vraiment. La pêche continentale utilise des engins qui à 90 % ne sont pas motorisés. Si on fait un repeuplement des espèces, au lieu de créer des bassins à tout bout de champ, elle pourra soutenir valablement la pêche maritime, victime de surexploitation avec des engins prohibés qui détruisent l’écosystème marin’, soutient Bâ.

La région de Tambacounda, où cette pêche est pratiquée dans plusieurs localités, présente selon El Hadji Thiam, responsable régional de la pêche, des prédispositions aux activités piscicoles et à l’impulsion de la pêche continentale avec une faune ichtycologie assez importante. ‘La région est comprise dans la zone soudano-sahélienne et soudano-guinéenne. Une telle situation lui confère un milieu naturel diversifié et un environnement écologique important. La pluviométrie de la région se situe entre les isohyètes 500 et 1 200Mm. Ce qui la place parmi les régions les plus pluvieuses du pays’, signale-t-il.

source Walf

 



12/09/2011
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