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Poissons pour l'Afrique : le long parcours d'un projet de doctorat

(Québec) Qui ne connaît pas le proverbe : «Donne un poisson à un homme, tu le nourris une journée. Apprends-lui à pêcher, il se nourrira toute sa vie»?

À l'Université Laval, une petite équipe met l'idée en pratique avec Poissons pour l'Afrique, un organisme créé pour combattre la malnutrition et la pauvreté en apprenant aux Africains à... élever des poissons.

Fish for Africa (FFA), c'est au départ l'idée de Gabriel Koko, détenteur d'un baccalauréat en développement rural intégré, d'un diplôme en médecine vétérinaire et qui faisait un doctorat en aquaculture avec Grant Vandenberg, professeur à la faculté des sciences animales, spécialiste de l'alimentation et de l'élevage de poissons.

«Je viens d'un pays [le Togo] où on aime le poisson. Mais dans presque tous les pays d'Afrique de l'Ouest, on importe le poisson qu'on mange. Alors, l'idée m'est venue de faire un pont entre le développement rural et ma formation en aquaculture, afin de lutter contre la pauvreté dans ma région d'origine. C'est devenu mon sujet de thèse de doctorat, et Grant est mon conseiller scientifique.»

Ce projet de doctorat devait déboucher sur la création d'une organisation internationale pour promouvoir et enseigner l'aquaculture aux agriculteurs d'Afrique de l'Ouest. «J'en ai parlé à Grant, et il a tout de suite commencé à se demander comment on pourrait concrétiser le projet.»

«J'étais frustré, se rappelle le prof de l'Université Laval, parce que je ne voyais pas où trouver les fonds nécessaires. On n'avait pas d'appui du provincial ni du fédéral.» C'est alors que le projet a pris une tournure inattendue. Grant Vandenberg fait partie de la petite communauté anglophone de Québec, où à peu près tout le monde se connaît, d'une façon ou d'une autre. Et d'un contact à l'autre, l'idée a fait boule de neige.

Le chercheur, emballé par le projet et la détermination de Gabriel Koko, en parle avec des amis, dont Paul Selesko, un Américain tombé amoureux d'une Québécoise, d'abord, et avec le Québec, ensuite. Jovial, dynamique et s'exprimant dans un français impeccable, M. Selesko n'a pas perdu de temps.

«Grant est un ami et c'est mon héros dans la vie, dit-il. Je l'admire beaucoup. Il nous a parlé du projet de Gabriel, de son potentiel et de leurs besoins d'encadrement et de financement. J'ai allumé tout de suite!»

Il faut savoir que l'arrière-grand-père de Paul Selesko a fait fortune dans l'industrie. Avec sa part de l'héritage, la mère de Paul avait créé une fondation pour appuyer des oeuvres charitables et aujourd'hui, Paul et sa soeur en sont les responsables. En d'autres mots?: «J'avais les sous pour démarrer le projet...»

Il a d'abord fait connaissance avec Gabriel Koko, mais comme le rappelle M. Selesko, «dès les cinq premières minutes, je savais qu'on allait s'entendre...»

Compagnie américaine

Le hic, c'est que la Donald & Barrie Selesko Foundation ne peut contribuer qu'à des oeuvres charitables américaines. Paul a donc fait appel à un autre membre de la communauté, l'avocat Stephen Clarke, pour trouver une solution. Petite parenthèse : Paul Selesko et Stephen Clarke se connaissent bien. Ils sont tous deux d'origine américaine, d'abord, mais les deux travaillent aussi dans le bureau d'avocats de Charles Veilleux & Associés, qui prépare le recours collectif des citoyens de Shannon. Avec l'aide de Me Clark, ils ont créé The Fish for Africa Fund, compagnie basée à Oklahoma City. «Avec des contacts de Steve, on a tous travaillé bénévolement pour se conformer aux lois américaines et obtenir le statut 501(c)3 de l'IRS. Maintenant, grâce à ce statut, n'importe quel organisme américain peut participer à notre oeuvre. C'est un pas important pour nous», observe Paul Selesko.

«Le plus ironique, mentionne Grant Vandenberg, c'est qu'on nous a refusé ce statut deux fois, ici même au Canada...»

Avec l'argent de la fondation, Gabriel Koko a pu aller sur le terrain en 2009, jeter les bases de l'organisation, établir des partenariats avec des ministères du Ghana et du Togo, et aménager un siège social au Ghana.

Appuis locaux

Outre Paul Selesko et Stephen Clarke, l'équipe de FFA a aussi la chance de pouvoir compter sur les services d'Éco7, une toute nouvelle agence de développement international à laquelle participent Joanne Toms et Simon Flamand.

Les deux se sont occupés des détails techniques et pratiques du projet. «Sans eux, on serait mort depuis longtemps», constate Paul Selesko.

«On veut approcher des organismes internationaux, dit Joanne Toms. On ne pense pas juste à des fondations, mais aussi aux grandes entreprises agricoles et aquacoles pour trouver des partenaires et des commanditaires mondiaux. On est prêts à agir!»

Gabriel Koko est maintenant de retour en Afrique où il continue à mettre le projet sur ses rails, à lui trouver un plan d'eau et un terrain où construire une école.
Source : Le Soleil

 



24/01/2010
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