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Pêcheries : une différence de 50 milliards entre les retombées potentielles et l’impact réel

Banjul, 28 sept (APS) - Un gap de 50 milliards de dollars existe entre les retombées économiques potentielles des pêcheries au niveau mondial et leur impact réel, indique une étude de la Banque mondiale intitulée ’’milliards engloutis’’.

La conviction des auteurs de cette étude qui a été présentée lors de la première conférence des ministres africains de la pêche et de l’aquaculture (CMAPA), qui s’est tenue récemment à Banjul (Gambie), est que ’’les pêcheries marines opèrent en sous-performance’’.

Si l’on considère les pertes au cours des trois dernières décennies, le manque à gagner en bénéfices économiques durables se situe dans l’ordre de deux millions de dollars.

Selon cette étude, dans de nombreux pays, les pêcheries ne sont profitables que grâce aux subventions qu’elles perçoivent.

Toutefois, soulignent ses auteurs,"l’amélioration de la gouvernance pourrait aider à récupérer une bonne partie de ces 50 milliards de dollars", considérés comme représentant le gap entre les retombées réelles et l’impact réel des pêcheries.

Avec de bonnes motivations économiques, plutôt que d’engendrer des pertes au niveau de l’économie mondiale, "la pêche durable pourrait créer une plus-value, être un moteur de la croissance économique et soutenir la création et le maintien d’emplois", estiment-ils.

Selon eux, les prises mondiales en mer sont stagnantes depuis une décennie, avec une production de 85 millions de tonnes en 2004, environ la même quantité en 1992, alors que le capital en poisson naturel - la richesse des océans- a baissé.

La plupart des stocks de poissons mondiaux les plus rentables sont pleinement exploités ou surexploités et, généralement, concernent des espèces de valeur inférieure, et les pêches ciblant de tels stocks rapportent beaucoup moins, note l’étude.

Bien avant l’augmentation des prix du pétrole en 2008, poursuit le document, la santé économique des pêcheries marines de la planète était en déclin.

Le déploiement de technologies de plus en plus puissantes, l’augmentation de la pollution marine et la perte d’habitats aquatiques contribuent également à la diminution des stocks de poisson.

Les captures marines mondiales stagnent, depuis plus d’une décennie, et les prises par pêcheur ou par bateau de pêche diminuent, constate l’étude qui indique que la réforme du secteur de la pêche peut générer de la croissance économique et de l’emploi.

Une réforme de la gouvernance des pêches marines peut aider à capturer une proportion substantielles des "milliards engloutis", estiment les experts pour qui ce sont les coûts d’investissement pour la reconstruction des stocks de poissons qui imposent une réduction initiale des activités de pêche et des taux de production.

Les avantages de cet investissement "s’additionnent" plus tard quand les stocks auront "grossi" et les flottilles de pêche se seront "équilibrées".

Mais une fois rétablies, beaucoup de pêcheries maritimes peuvent produire un surplus économique "substantiel" et transformer une perte économique nette au détriment de la société en moyen appréciable, "pour stimuler la croissance économique" et une base pour les possibilités de moyens d’existence "alternatifs".

Cependant, les coûts sociaux, économiques et institutionnels de cette transition doivent être financés.

L’étude souligne que la crise qui affecte les pêches marines mondiales n’est pas seulement un problème des pêches, mais un problème d’économie politique de la réforme des pêche.

"Construire un tel consensus peut prendre du temps et exiger l’élaboration d’une vision commune qui assume les changements de gouvernements", estiment les auteurs.

Selon l’étude, l’expérience a montre que les réformes réussies peuvent aussi avoir besoin de rivalités ou de crises pour catalyser le processus. La forme des pêches exigera la réduction de l’effort de pêche et de la capacité de flotte.

Donc, si l’on en croit ladite étude, les réformes réussies devraient prendre le temps de "forger" le consensus parmi pêcheurs sur les régimes de transition, d’élaborer des mesures pour créer des débouchés économiques alternatifs, de mettre sur pied des dispositifs de protection sociale pour les pêcheurs affectés et, généralement, de gérer la transition d’une manière équitable.

Les réformes exigeront aussi le renforcement des systèmes de tenure marine, le partage équitable des bénéfices, ainsi que la diminution des cas de pêche illicite et la réduction ou l’élimination "des subventions pernicieuses" dans la phase de passage à la durabilité.

Source Aps



29/09/2010
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