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Pêche durable en Afrique de l’Ouest : Un écologiste propose de ne plus rejeter du poisson en mer

L’écologiste sénégalais, Aly Haïdar a souligné la nécessité pour  les gouvernements des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, de prendre une panoplie de mesures coercitives pour sauver la pêche en Afrique de l’Ouest, beaucoup trop menacée dans cette partie du continent. Pour  cet écologiste Aly Haïdar, très actif, dans la pêche durable et le reboisement de mangroves, ces mesures vont de l’interdiction des rejets en mer de poissons pêchés par les bateaux industriels locaux et ou étrangers, au bannissement des filets de senne de plage et d’autres dits monofilamen en nylon.

L’écologiste sénégalais a fait ces proposions, fin mai, à Gênes, (Italie) lors d’un panel sur  "La Pêcheen Afrique, problématique social et sanitaire". C’était à l’occasion de la 5ème édition du salon biennal Slow Fish (27, 30 mai),  dont l’ouverture a été  présidée par Mme Maria  Domanaki, commissaire européenne  chargée des affaires maritimes et de la pêche. Parlant de la pêche industrielle locale et étrangère, l’écologiste a suggéré que les Etats côtiers d’Afrique de l’Ouest devraient obliger ces bateaux usines à débarquer "tout le poisson pêché", au lieu de le rejeter en mer, comme ils le font toujours.

Aly Haïdar, qui n’épargne pas les mauvaises pratiques de la pêche artisanale ouest africaine, a mis dans ces propositions le bannissement de la senne de plage, une zone de nourricerie où ce type de filet  prend beaucoup de poissons juvéniles.  L’écologiste sénégalais souhaite par ailleurs voir l’application du Code sénégalais de la pêche (inspiré du code dela FAO : Ndlr)  qui interdit l’utilisation de filets monofilamen en nylon. Dans cet ordre d’idées, il propose aussi qu’on confine la senne tournante artisanale, à trois kilomètres des côtes.

Dans sa panoplie de mesures pour  une pêche durable en Afrique de l’Ouest, Aly Haïdar conseille aux autorités de ces pays de diviser les espaces de pêche de tous les quais de débarquement, ou villages de pêcheurs, en trois  principales zones: une zone réservée exclusivement à la pêche artisanale à la palangre, une zone réservée exclusivement à la senne tournante et une zone transformée en Aire marine protégée (AMP). S’agissant de cette dernière, l’écologiste a expliqué qu’elle aura pour objectif de créer un sanctuaire où toute forme de vie marine sera respectée. "Les poissons, a-t-il dit, pourront s’y reproduire et grandir. Ils pourront ainsi ravitailler les zones de pêche. Durant ces échanges, il a donné aux experts et petits pêcheurs européens l’exemple du Bambouck au Sud du Sénégal, une AMP qui fait 7000 Ha  dans le delta du Saloum. "Les chercheurs de l’IRD (Institut français de recherche : Ndlr) y ont dénombré 31 nouvelles espèces. La taille des poissons a considérablement augmenté et on voit aujourd’hui  la présence de grands prédateurs comme le barakuda, le requin, le dauphin", a indiqué l’écologiste  qui s’active beaucoup dans cette  partie du Sénégal, et au-delà, en Mauritanie, en Guinée-Bissau, en Guinée Conakry en Gambie et au Libéria.

Madieng Seck (Jade Syfia)



02/06/2011
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