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L’Afrique de l’Ouest prévoit de mieux protéger ses mangroves en déclin

L’Afrique de l’Ouest voit ses mangroves disparaître à un rythme effrayant, notamment à cause de l’industrie du sel qui utilise le bois des mangroves dans ses méthodes de production. Plusieurs pays tentent de mieux protéger cette ressource naturelle dans la région.

Le sel est précieux dans les régions côtières de l’Ouest de l’Afrique, affectées par la pauvreté, mais les experts de la conservation affirment que les efforts faits pour extraire cette denrée ont un effet très négatif sur les mangroves, provoquant de l’érosion et décimant les populations de poissons.

 

En Sierra Léone, l’une des nations les plus pauvres d’Afrique, qui tente toujours de se remettre d’une guerre civile qui a duré de 1991 à 2002, les législateurs préparent un projet de loi pour rejoindre une charte signée par sept pays visant à protéger la mangrove et les forêts de la région.

  

Le groupe de conservation Wetlands International affirme que cette initiative est essentielle pour que l’Afrique de l’Ouest puisse sauver les 800 000 hectares de mangroves qu’il lui reste, c’est-à-dire moins du tiers des 3 millions d’hectares qui recouvraient auparavant la région.

 

Les mangroves disparaissent à cause de l’industrie artisanale de sel parce qu’elles sont la source la plus facilement accessible de bois destinés aux feux utilisés pour faire bouillir l’eau de mer, qui est la méthode la plus facile pour produire du sel.

 

Les groupes de protection de l’environnement essayent d’encourager les producteurs de sel à utiliser d’autres méthodes, dont l’utilisation du soleil, afin de réduire la menace qui pèse sur les mangroves.

 

« Si les mangroves disparaissent, l’industrie de la pêche sera en crise » indique le coordinateur de Wetlands International pour l’Afrique de l’Ouest, Richard Dacosta.

 

« L’eau salée envahira les estuaires fluviaux et les zones côtières. Les communautés locales vivant sur la côte devront partir ».

 

Les forêts de mangrove de la région absorbent également des milliers de tonnes de dioxyde de carbone, et elles pourraient également représenter un bon moyen pour l’Afrique de l’Ouest de participer au marché mondial du carbone, représentant 136 milliards de dollars actuellement.

 

« Les mangroves séquestrent de grandes quantités de dioxyde de carbone et réduisent ainsi les émissions de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère » indique Richard Dacosta.

 

Les mangroves font partie des écosystèmes les plus divers de la planète, d’après les scientifiques. Formant une barrière entre la terre et la mer, elles sont les maternités de l’océan, où de nombreuses espèces de poissons et d’animaux de mer élèvent leurs jeunes rejetons.

Les oiseaux y nichent, les serpents y cherchent leurs proies, et les singes s’y nettoient.

 

Les mangroves sont aussi une protection contre l’érosion côtière dans une région où de nombreux individus vivent dans des zones de basse altitude.

 

L’industrie locale de sel représente de loin la plus grande menace pour les mangroves. Pendant des générations, les villageois ont extrait de la « poussière de sable » du sol, y ont ajouté de l’eau de mer, et l’ont fait bouillir sur des feux de bois.

 

Marie Kano, directrice d’une association de producteurs de sel en Sierra Léone, indique que de nombreux arbres à mangrove utilisés pour faire du feu ont déjà disparu.

 

« Il ne nous reste plus de bois » a-t-elle déclaré. « Mes enfants, mes sœurs et mes frères faisaient tous bouillir le sel. Mais parce qu’il n’y a plus de bois, ils sont tous partis pour rejoindre la ville ».

 

L’Initiative Mangrove Afrique de l’Ouest a pour but d’aider les nations à coordonner les efforts pour réhabiliter les mangroves, d’après les explications de Mohamed Mansaray du département forestier du gouvernement de la Sierra Léone, en replantant des arbres et en fournissant des alternatives au bois.

 

Suite à un projet pilote en Guinée, pays voisin de la Sierra Léone, l’initiative prévoit d’introduire des extracteurs de sel alimentés par l’énergie solaire.

 

« J’utiliserai sans aucun doute cette méthode, étant donné qu’elle n’utilise pas du bois coûteux » a déclaré Marie Kano, après avoir vu une démonstration de cet appareil.

 

Source: http://www.actualites-news-environnement.com/23114-mangroves-Afrique-Ouest.html



09/03/2010
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