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5ème Forum côtier et marin ouest-africain à Nouakchott : Les partenaires se concertent

Le cinquième forum côtier et marin ouest-africain, consacré aux questions de la biodiversité et de la conservation du littoral, s’est ouvert lundi à Nouakchott en présence des représentants des sept pays de l’espace PRCM (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Sierra-Leone et Cap-Vert), des institutions de conservation et de défense de l’environnement ainsi que des participants de la société civile provenant de plusieurs pays. Thème de ce forum : « la biodiversité, notre sécurité dans un monde en changement.» L’ouverture de la cérémonie du 5ème forum, placée sous le haut patronage du premier ministre mauritanien a été l’occasion d’échanges d’allocutions pour marquer la volonté politique de concertation, de prise en charge commune et d’intégration sous-régionale sur des problématiques environnementales et de biodiversités identiques aux sept Etats. Les responsables mauritaniens appellent ainsi à une synergie pour parer aux aléas.

 

Le PM : Traduire la volonté politique en un engagement fort !

C’est l’appel lancé, au nom du premier Ministre, absent pour des contingences de dernière minute, par Bâ Housseynou Hammady, ministre délégué auprès du premier Ministre, chargé de l’environnement et du développement durable. Le constat dressé par le premier ministre quant aux obstacles pour les différents pays met en exergue plusieurs inquiétudes parmi lesquelles la perte de la biodiversité, la dégradation des ressources forestières, la surexploitation de certains stocks halieutiques, les faibles moyens de conservation, de protection et de gestion des zones productives vulnérables (zones humides, aires protégées…), l’absence de stratégie concertée d’aménagement, l’insuffisance des lois dans la protection de l’environnement, les risques de pollution industriels et urbains et enfin l’extrême pauvreté des populations qui dépendent de telles ressources. Mais en dépit de ces contraintes, le PM estime que dans notre sous-région ouest-africaine, le niveau «encore acceptable de conservation » ne devrait pas occulter le caractère «très sensibles de cette zone aux changements climatiques ». Selon le PM, «notre ambition devrait se traduire, à travers ce forum, par un engagement commun pour une gestion intégrée (…) une volonté de notre part d’instituer un mécanisme régional de concertation, de coordination et de coopération dans le domaine particulier de l’environnement côtier et marin en mesure de relever les multiples défis au développement durable de cette zone». Le PM mauritanien a en tout cas précisé la volonté de son pays symbolisée par l’engagement personnel du président de la République par ses plaidoyers aux sommets de Copenhague sur le climat et plus récemment encore à N’Djaména sur la muraille verte. Les efforts du pays a encore indiqué le PM mauritanien se traduisent par une politique de développement durable concrètement exprimée par la première loi du genre dans la sous-région d’une Ordonnance sur le littoral, un plan d’action national pour l’environnement et une stratégie de développement durable assises sur un « cadre conceptuel général intégrant à la fois les dimensions sociales, économiques, et environnementales». Le PM fait aussi état des mesures d’aménagements par la planification côtière et marine. La Mauritanie reste pionnière dira le PM en précisant qu’elle a dédié le tiers de ses côtes à la conservation, par le biais de sites écologiques comme le PNBA, le PND…

Julia Marton Lefèvre, (DG UICN) : « La perte de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes et de leurs ressources naturelles inextricablement liés»

Pour la directrice générale de l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN), Julia Marton Lefèvre, la situation est alarmante. «22% de toutes les espèces de mammifères connues son menacées d’extinction ». Pire encore, «la moitié des espèces de tortues, un tiers des amphibiens, 12% des espèces d’oiseaux et 27% des récifs coralliens » connaissent le même sort. Idem pour les reptiles, les poissons d’eau douce, les invertébrés…Pour elle donc, « La perte de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes et de leurs ressources naturelles sont inextricablement liées». C’est pour cette raison qu’elle fonde (UICN) beaucoup d’espoirs sur le forum et espère qu’il contribue «à la protection et la restauration des écosystèmes côtiers ». Elle invite dans la recherche d’un «monde juste et qui valorise et conserve la nature» à une synergie de tous les acteurs en vue de «faciliter la transmission des expériences et guider l’action politique, sociale et environnementale pour le développement durable ». Dans cette même logique, elle relève que les défis sont innombrables non seulement pour l’espace PRCM mais le monde entier. Elle exhorte donc à la création d’un réseau efficace d’aires protégées, l’adoption de pratiques propres et durables dans les secteurs extractifs, la prise en compte des changements climatiques… Tout en saluant les efforts du PRCM, Julia Marton Lefèvre estime que «les Etats doivent mettre en place des accords transfrontaliers et établir un mécanisme pérenne de gestion de la zone côtière. Elle précise par ailleurs que les acteurs «doivent se structurer en réseaux thématiques » tout en rappelant le rôle des grandes Ong internationales dans la facilitation du transfert de savoir au profit des autochtones. Elle a enfin évoqué l’indispensable renforcement de coopération avec les organisations sous-régionales communes à cet espace pour stimuler un développement durable dans cette aire.

 

Ibrahima Thiam : Le PRCM, une fierté et une boussole !

Pour sa part, le président du comité de pilotage du forum, Ibrahima Thiam, a rappelé les raisons, la mission, les réalisations et les partenariats qui ont présidé à la mise en place du PRCM. Dans ce sens, il a précisé que l’ambition du PRCM est de «conserver et gérer durablement les ressources naturelles et la diversité biologique et culturelle de la zone côtière et marine ouest africaine ». Sa première phase lancée en 2004, Ibrahima Thiam soutient qu’elle a permis «la construction d’une solide coalition mobilisant plus d’une centaine de partenaires ». Mais il annonce que pour sa seconde phase (2008-2011), celle-ci «s’appuie sur cette formidable infrastructure pour mettre en œuvre de grands projets sur le terrain mais aussi pour influencer positivement les politiques et décisions portant sur la gestion des écosystèmes littoraux ouest-africains ». A l’actif du PRCM, il cite pêle-mêle l’appui à la création officielle de 15 nouvelles Aires marines protégées (AMP), l’élaboration et la mise en œuvre de cinq plans d’actions pour la conservation des espèces (requins, tortues marines, phoque moine, lamantins et oiseaux d’eau), le soutien à l’élaboration d’un plan d’aménagement et d’une loi sur le littoral mauritanien, la finalisation du processus de concertation sur la mangrove, l’élaboration de plans d’aménagements de pêcheries partagées entre le Sénégal et la Mauritanie…Pour tous les projets menés, le président du comité de pilotage du forum de Nouakchott a remercié les partenaires pour l’appui qu’ils apportent au succès de ces actions.

 

Mohamed Wafi : renforcer le potentiel de partenariat

Le président du comité d’organisation, Mohamed Wafi, a plaidé pour que le forum renforce le potentiel de partenariat et de mobilisation des acteurs du littoral ouest-africain face aux multiples défis qui assaillent la zone. Pour lui, le forum est « un espace vital de concertation et d’échange » qui «s’assigne les missions d’orienter le développement de la conservation, de promouvoir les synergies et de partager les préoccupations environnementales pour une gestion intégrée de la zone côtière ». Une zone côtière, rappelle-t-on, longue de 3.700 km, et dont les populations sont estimées de l’ordre 35 millions.

Jedna DEIDA (REJOPRAO et Le Quotidien de Nouakchott)



01/07/2010
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